Paroles de Rislois : William Trollait

 

« Je suis aux services techniques de la ville de Brionne depuis trente ans. Je m’occupe régulièrement des vannages avec Monsieur Gino Thaurin.

Les vannages il y en a quatre. Un de quatorze vannages rue de la Mèche, il y en a un aux services techniques, un au garage Leroy et rue de Campigny.

Chaque vannage a des manivelles différentes, à chaque endroit. Et donc on prend la manivelle par rapport au vannage et on ouvre à la main. Au garage Leroy par contre on a quelques vannages à la main et le plus grand vannage est automatique. Pour ouvrir les vannages il faut bien compter une heure, selon la poussée de l’eau. Parce que quand l’eau monte, automatiquement la force de l’eau durcit le mouvement de la multiplication de la manivelle, de la crémaillère. Donc c’est beaucoup plus dur.

Pour l’entretien des vannages, on essaie de les graisser régulièrement, et dès qu’il y a un arbre ou des branches, on intervient aussi, on les enlève, soit avec le tractopelle, soit avec des câbles, et on les sort de l’eau.

Dès que les pluies arrivent, nous sommes chargés de surveiller régulièrement les eaux. La Préfecture nous prévient que la crue va arriver, dans les 24/48 heures. Au fur et à mesure que l’eau monte, par exemple si elle monte de vingt centimètres par heure, on sait très bien que dans les douze heures qui vont arriver ça va être la crue.

Les bois qui retiennent la berge sont des points de repère pour nous aux services techniques : dès qu’on voit qu’on ne voit plus les bouts de bois, on commence à intervenir. On les ouvre d’un quart, pour voir, et selon la progression on les ouvre entièrement.

À la dernière crue on est intervenus. On a eu des ordres de la Préfecture. On a vu que l’eau montait régulièrement de vingt centimètres par heure. Nous sommes intervenus pour ouvrir les vannages entièrement et on a eu un petit commandement des pompiers, qui était proche de la mairie de Brionne. On est passés, avec la police municipale, avec les haut-parleurs. On a fait une prévention, pour avertir les gens que la crue arrivait. Aux services techniques on intervient aussi. On livre des agglos, des bastaings, pour qu’ils puissent sortir de chez eux. Nous sommes intervenus, on a eu des gens de garde toute la nuit. On est au service du public. Donc il y a des gens qui sont inondés, on intervient, on va les chercher, on les secoure, on leur donne un café, on les met en salle des fêtes. On prend soin d’eux.

Alors que les vannages sont entièrement ouverts, les gens sont sécurisés. Après il n’y a plus grandchose à faire. Attendre la décrue. »

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